Cinéma Jean Mounier

Promenade dans le Cinéma d'hier à travers l'itinéraire d'un pionnier de la communication cinématographique, Jean Marie Mounier

Month: septembre, 2010

Les années vingt (1926-1931)

(c) collection privée – D.R –


Le Madeleine à  la conquête de Paris




Le Madeleine, stylisme Alexia Fourcaud Dana – (c) collection privée – D.R –

En 1926, il est nommé directeur du Cinéma Madeleine, Boulevard de la Madeleine.

La mode mondiale des Cinémas Palaces a gagné la France. « Aller au cinéma » est une sortie qui fait rêver. A cette époque, Paris compte cinquante cinémas de plus de mille fauteuils. Dans les années trente, des salles gigantesques se construisent : le Rex, le Gaumont Palace, le Paramount. Les cinémas français sont des temples à la gloire d’Hollywood.

Le Cinéma Madeleine, avec ses 815 places, au 14 du Boulevard Madeleine, fait l’angle avec la rue Vignon. Il appartient à la Métro Goldwyn Mayer, dont les bureaux sont 37 rue Condorcet, le prix des places est de 15 francs aux trois premiers rangs d’orchestre, 20 Frs. et 25 Frs. à l’orchestre et au balcon, 30 Frs dans les corbeilles et les loges, le téléphone est à la disposition des clients et le vestiaire est gratuit.

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Les patrons de Jean Mounier sont donc des Américains. Le jeune directeur va très vite porter plusieurs casquettes.

Pendant près de dix ans, il gère la salle, il accueille les stars hollywoodiennes qui viennent à l’occasion de la sortie des films, il organise de somptueuses « Premières », prévoit les Conférences de Presse, crée des évènements destinés à faire parler des films projetés au Madeleine, des publicités qui vantent les programmes.

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En 1930, il devient le directeur de tous les services de Publicité de la Métro.

La firme américaine publie un journal interne « L’Action », on y cite souvent le jeune directeur.

Pendant toutes ces années, il fait preuve d’une imagination sans limites.

Ramon Novarro dans Ben-Hur – (c) collection privée – D.R –

En 1927, le Madeleine projette un film muet mais spectaculaire : BEN HUR avec un jeune premier qui fait se pâmer les dames, Ramon Novarro….

Jean Mounier invite tous les VIP de l’époque. Poincaré , ancien président de la République et père du « Franc Poincaré » accepte l’invitation.

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C’est un film événement.

Tous les soirs une immense queue de spectateurs impatients s’allonge devant le cinéma et tourne dans la rue Vignon.

Pendant un an, la salle ne désemplit pas, c’est un triomphe. Pendant la fameuse course des chars, le son manque et Jean Mounier demande à Joséphine, la « Dame pipi » des toilettes et aux ouvreuses de se placer derrière l’écran avec des casseroles qu’elles frappent sur des couvercles pour créer un bruitage qui ravit le public.

A l’occasion, du démarrage de la deuxième année d’exclusivité, le 26 Avril 1928, un programme souvenir, illustré, est édité, sous une couverture élégante au beau graphisme purement années Trente.

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A l’intérieur, le texte est en Anglais et en Français rappelle que le film a été présenté au Président de la République, Gaston Doumergue et au Château de Windsor. Têtes couronnées et représentants de la République font partie des spectateurs ! Sans compter Clémenceau, qui, invité, se rendit au Madeleine. Le jeune directeur fut très fier de le recevoir dans son petit bureau, caché sous un escalier.

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Ramon Novarro vient à Paris et sympathise avec Jean Mounier qui organise une conférence presse réunissant de manière insolite Ramon Novarro et le célèbre boxeur Carpentier. Autour, les dames s’agitent pour attirer l’attention des deux vedettes. Succès total.

Ben-Hur fut un événement. A sa sortie,en 1926, il remporta un succès phénoménal. La critique s’emballait. Voici l’extrait d’un article paru dans « L’œuvre » , le Dimanche 27 Novembre 1927 :

-Un film prodigieux, ce Ben-Hur qui a atteint les sommets de l’art en ce qu’il a de plus puissant et de plus délicat, s’inspire des traditions respectueuses d’une religion. Ben-Hur, c’est la vie du Christ….Or, pas une fois, on ne voit sur l’écran le visage de Jésus Christ ; seule, sa main paraît. Ainsi la Divinité doit être invisible, seule la main de la Providence se manifeste.

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Le programme du Madeleine va continuer attirant à Paris les plus grands films de la Métro : Le Voile des Illusions avec Greta Garbo, Grand Hotel avec Garbo, John Barrimore, Joan Crawford, Arsène Lupin avec les deux Barrymore, Si l’Empereur savait cela de Jacques Feyder avec André Luguet, Françoise Rosay, Tania Fédor, tous exilés à Hollywood, Jean Harlow dans Red Dust, Ma vache et moi avec Buster Keaton et….La veuve Joyeuse avec Maurice Chevalier parti tenter sa chance à Hollywood….

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1929 : le cinéma parlant pointe le nez.

Les directeurs des petites salles s’alarment, ils n’auront jamais les moyens d’installer des cabines de « Sono-projections ».

Un journaliste de la Publication « Comedia », Jacques Faure, rassurant écrit le 9 Septembre 1929 :

-Rien n’est plus aisé que de passer aux films sonores et parlants. La manipulation est exactement la même que pour les films muets actuels. La synchronisation est automatique et l’opérateur n’a pas plus de travail que dans la pratique actuelle. L’un des appareils les plus simples et les plus parfaits qu’il m’ait été donné de détailler est un appareil américain dont l’amabilité de Monsieur Mounier, l’avisé directeur du Madeleine Cinéma m’a permis de pénétrer les mystères….

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Le Madeleine, le 5 Janvier 1929 avait déjà projeté un des premiers films « sonorisés » de la Métro Goldwyn Mayer, Ombres Blanches de W.S. Van Dyke, un film romantique et exotique qui ravira les Surréalistes et remportera un grand succès. Une lettre d’un technicien expédié à Jean Mounier bien des années plus tard, raconte la semaine épuisante qui a précédé la première séance, toutes les nuits, les ouvriers électriciens se sont battus avec les câbles électriques pour installer le son et la musique qui devaient accompagner les images.

Cette lettre se trouve actuellement à la Cinémathèque Française, dans le fonds au nom de Jean Mounier.

Jean Marie Mounier, interviewé sur le cinéma parlant déclare dans « La Griffe Cinématographique » (Novembre 1929) :

-Le film parlant a de l’avenir, regardez Broadway Melody vous permet déjà de vous faire une opinion, c’est un film entièrement parlant. Nous devons nous attendre à des progrès merveilleux…Il y a certainement moyen de faire du film parlant français, équipons nos studios à l’américaine. Utilisons les appareils américains, sinon, il nous faudra bien attendre trois ans pour en construire des nationaux.

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Et en 1931, Le Madeleine Cinéma projette un film opérette « Le chanteur de Séville ».

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Ramon Novarro y chante en Français fort bien et Jean Mounier organise une grande soirée de Gala pour la première, en présence d’une charmante Miss Europe.

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Ramon Novarro est venu à Paris pour le lancement de son film. Il retrouve Jean Mounier avec plaisir. Les deux hommes posent devant les photographes et ne cachent pas leur satisfaction: le film est un formidable succès

Retrouvez la suite de la biographie de Jean Mounier au chapitre suivant :

Les années trente (1932-1939) consacré à la suite de la carrière de Jean Mounier pour la M.G.M (Laurel & Hardy) et à son passage à la R.K.O et le lancement de Blanche-Neige en France.


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les années trente (1932-1938)


1932 : UNE BELLE RENCONTRE ENTRE JEAN MOUNIER ET LAUREL ET HARDY

La Métro Goldwyn Mayer envoie en France ses deux grandes vedettes comiques pour un voyage promotionnel. C’est Jean Mounier qui les reçoit, organise les rencontres avec la presse et leur fait visiter la capitale. Les deux comiques ravis de leur promenade avec leur guide lui offre en remerciement à « Dear Jean » un magnifique stylo Mont-Blanc longtemps gardé comme un trésor par la famille.

Jean Mounier est à l’extrême droite – (c) collection privée – D.R –

Jean Mounier (au centre avec la cravate) et Laurel & Hardy en 1932

– (c) collection privée – D.R –

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Les trois hommes sympathisent et Stan Laurel l’année suivante écrit au directeur du Madeleine sur un papier à lettres jaune bordé de bleu, avec l’effigie des deux comiques.

Sans doute ces lettres lui ont donné l’idée de renouveler l’idée lors de la sortie de Blanche Neige, lorsqu’il édita un papier à lettres décoré de la jeune fille et des petits nains (voir plus loin)…

C’était cependant une idée dans l’air que l’on retrouve lors du lancement de « Victoria, the great » avec Anna Neagle en 1938 (voir ci-dessous).






Le 21 Février 1933, l’infatigable Mounier , devenu le président de la toute nouvelle Association des Directeurs de Publicité du Cinéma (dont le cahier de toile noire contenant les procès verbaux des réunions écrits à la main se trouve à la Cinémathèque) organise avec le journal l’Ami du film, à l’Opéra La Grande Nuit du Cinéma. L’Opera est transformé en un immense studio de prises de vues, les vedettes se pressent, les numéros se suivent, toute la presse se fait l’écho de cette première fête du Cinéma….

Le courrier échangé avec les professionnels du cinéma pour cette occasion a été déposé à la cinémathèque (fond Jean Mounier).

Wallace Beery star de la MGM a eu l’Oscar du meilleur acteur en 1932 pour « The Champ« , (le champion), il a tourné dans « Big House » et « Grand Hotel » .

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En 1933, pour des raisons mystérieuses, il entreprend un tour d’Europe de plusieurs mois. Le 8 Septembre , il débarque au Bourget avec sa fille adoptive. Jean Mounier a convoqué la presse et est là pour l’accueillir. Wallace Beery est un habitué des airs puisqu’il a un avion privé qu’il pilote lui même. C’est avec une indiscutable familiarité qu’il déambule sur les pistes.

En Février 1937, Jean Mounier quitte la Métro Goldwyn Mayer pour la RKO.

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Il restera toujours « viscéralement » attaché à la grande salle de ses premiers succès , et aux souvenirs de la Métro qu’il réintégrera quelque temps à la fin de sa carrière.

Jean Mounier est à droite en costume noir – (c) collection privée – D.R –

A la RKO, il s’occupe du lancement d’un autre très grand film anglais « Victoria, the great » avec la star anglaise Anna Neagle.

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Jean Mounier est à droite sur la photo prise lors de la première du film.

Il organise une soirée de gala pour la première du film à Paris. Ce film fut un succès immense dans le monde entier.

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1938 : Blanche Neige, l’âge d’or du dessin animé

Mais bientôt, tous ses efforts vont se concentrer sur l’œuvre phare de Walt Disney : Blanche Neige.

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Blanche-Neige premier long-métrage de dessin animé dans l’histoire du cinéma a marqué les coeurs et les mémoires des spectateurs de tous âges.

Encore aujourd’hui ce film enchante les publics du monde entier tant il renferme de poésie, de charme, d’émotion, d’humour, associés à quelques tremblements de terreur face la reine maléfique.

La musique, les personnages, les petits animaux de la forêt, les nains bouffons et enjôleurs,la magie, tout concourt à créer un univers artistique unique qui accompagne les générations sans jamais passer de mode.

Ce fut le meilleur dessin animé de Walt Disney.

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Jean Mounier organise une campagne publicitaire encore jamais vue. Boite d’allumettes, papier à lettres à l’effigie de la petite princesse et des sept nains sont distribués en grand nombre. C’est le début des Droits dérivés….

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Un livret est distribué aux directeurs des salles de cinéma où sont expliqués le travail des dessinateurs de Walt Disney, le nombre de dessins exécutés, la façon dont ils ont été réalisés.

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A cela s’ajoutent les conseils pour les façades, la publicité dans les journaux et radios locaux. Toute la profession a les yeux fixés sur ce dessin animé qui fait pleurer les grandes personnes et restera la plus belle création de Walt Disney.

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Retrouvez la suite de la biographie de Jean Mounier au chapitre suivant :

Les années quarante (1939-1945) consacré à la première partie de la carrière de Jean Mounier pour la compagnie Discina dirigé par André Paulvé (Les Visiteurs du Soir, La Belle et la bête, etc…).


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Les années quarante (1939-1945)

1939 : la guerre est déclarée.

La drôle de guerre, insolite et menaçante, déroule des mois mornes et inquiétants.

Février 1939, Jean-Marie Mounier est engagé comme directeur de la Publicité d’une jeune société DISCINA dont le patron, André Paulvé, va produire les films les plus prestigieux et les plus exigeants  du Cinéma Français : Les Visiteurs du soir, de Marcel Carné, l’Eternel Retour de Jean Delannoy 1943, avec Jean Marais et Madeleine Sologne sur un scénario de Jean Cocteau, Lumières d’été de Jean Grémillon 1943 avec Madeleine Renaud, Pierre Brasseur, Madeleine Robinson et le beau Georges Marchal, Sylvie et le Fantôme de Claude Autant Lara en 1945 avec Odette Joyeux, Francois Périer et Jean Dessailly, l’Aigle à deux têtes en 1947 scénario, dialogues, mise en scêne de Jean Cocteau avec Edwige Feuillère et Jean Marais et surtout La Belle et la Bête le superbe film de Jean Cocteau devenu réalisateur avec Jean Marais, Josette Day,mais aussi Ruy Blas de Pierre Billon, adaptation, scénario et dialogues de Cocteau avec Jean Marais et Danielle Darrieux.

Puis en 1948 la Chartreuse de Parme de Christian- Jaque avec Gérard Philippe, Maria Casarès et Renée Faure. Plus tard en 49, Manège d’Yves Allégret sombre drame avec Simone Signoret et Bernard Blier et  Orphée film culte, lui aussi de Jean Cocteau avec Jean Marais, Marie Déa, Maria Casarès, François Périer puis enfin le mythique Casque d’Or,de Jacques Becker inspiré par la vie d’Amélie Elie, surnommée Casque d’or et tiré d’un fait divers dans le milieu des Apaches, au début du XX° siècle avec Simone Signoret qui y tint son plus beau rôle et Serge Reggiani, sombre et irascible dans la vie comme à l’écran (voir plus loin).
Pour chacun de ces films, Jean Mounier met au point des lancements et des campagnes publicitaires qui feront date.

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Il explique lui même son métier lorsqu’il est  interviewé  en 1947 par Pierre Leprohon pour son livre, les Mille et un métiers du Cinéma (ed.Jacques Melot)

« Un sujet de film est déterminé. Bientôt on passera à sa réalisation. Le scénario, le découpage sont prêts, les prises de vue vont commencer. Que faire pour que cette production à venir soit préparée, connue et attendue du public ?
Le directeur de publicité se transforme en agence d’informations. Par le moyen d’un bulletin, régulier ou non, il envoie des communiqués à la presse annonçant le tournage du film, relatant le sujet, citant les principaux artistes. Il invite les journalistes spécialisés à venir voir tourner le film en studio, il provoque des interviews des acteurs, du metteur en scène, du scénariste. Il diffuse des anecdotes, les mille incidents du studio, et parfois même en invente pour susciter l’intérêt de la presse et par là la curiosité du lecteur.
Pendant toute la durée du tournage et jusqu’à ce que le film soit prêt, le chef de publicité emploiera tous les moyens pour faire parler de l’œuvre en cours : informations par la presse, par la radio, concours, manifestations diverses, publications de photos.

– D.R –

Au moment de la distribution du film, l’information va faire place à la publicité pure, notamment par le moyen des revues corporatives, plus particulièrement lues par les directeurs de cinéma.Pages spéciales, encarts publicitaires représentant le film à l’aide de photos montage, de dessins artistiques synthétisant le mieux possible le sujet et dégageant les caractéristiques attractives du film.
La distribution du film exige l’édition d’un matériel publicitaire assez important, consistant en affiches, scénario illustré, photos d’exposition, clichés pour la presse etc…
Les affiches devront être réalisées avec le plus grand soin et tout en gardant un caractère artistique, et mettre en évidence les atouts commerciaux de la production.

Le  SCENARIO   ILLUSTRE  est une brochure plus ou moins luxueuse contenant des photos du film, le synopsis du sujet, la distribution des rôles, des biographies de vedettes, des extraits de presse, des échos, des slogans publicitaires qui aideront l’exploitant à lancer le film.
Les clichés destinés à la presse devront être originaux et susceptibles d’accrocher le regard malgré leur surface restreinte et le fait qu’ils seront noyés dans une dizaine de placards semblables. »

Pierre Leprohon conclut :

« Jean Marie Mounier a lancé pour Discina beaucoup de grandes productions et de films « difficiles » du point de vue commercial. Les scénarios illustrés des Visiteurs du soir et de La Belle et la Bête notamment sont d’une présentation et d’un goût qui les apparentent à des brochures de luxe dignes de tenter les bibliophiles. »

Le scénario illustré des Visiteurs du Soir dédicacé par Arletty à Jean Mounier
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Les plus grandes réussites

Les Visiteurs du soir : Fuir le présent (1942)

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Jean Mounier, directeur du Service de publicité de la nouvelle et ambitieuse Société Discina va avoir , en pleine guerre, le privilège de lancer ce film aujourd’hui historique Les Visiteurs du Soir, il fait réaliser un somptueux scénario illustré, organise une campagne publicitaire « cocardière » :
« Il faut que Les Visiteurs du Soir soit un succès POUR L’HONNEUR DU CINEMA FRANÇAIS. »



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L’immense retentissement de l’oeuvre de Carné sera empreint d’une émotion à peine refoulée, il  flotte un parfum de renouveau, de renaissance dans ce film si soigné, si léché, hors du temps, de la réalité et c’est la France enchaînée que le public voit sous les traits des deux amants que le Mal emprisonne, il annonce le retour du Beau qui laisse pressentir un autre retour.  Film poétique et symbolique qui console une population brisée.

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Le scénario illustré fut somptueux, alors que le film sortit sous l’Occupation, les façades du Cinéma Madeleine qui projetait le film étaient plus belles qu’un décor de théâtre.

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La poésie descendait dans la rue. Les Parisiens sous le poids de l’occupation allemande avaient besoin de rêver. Carné et son porte-paroles, Jean Mounier les entraînèrent dans un monde enchanté et irréel qui les  arrachait à un quotidien lourd d’angoisses et de désillusions. Tout à coup, on relevait la tête : Oui, on avait été vaincu, on était occupé, mais le Dieu Cinéma existait et par la magie de l’imagination, on pouvait s’échapper, renouer avec l’espérance, oublier le temps d’une légende, le désastre.

Le film qui passa à travers les mailles de la censure, grâce sans doute à son plongeon dans un passé Moyen-âgeux et sa poésie désuète et parfois bien convenue, eut un succès énorme.

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Marie Déa et Jean Mounier devant le Madeleine – (c) collection privée – D.R –

Au fond, on aperçoit le panneau donnant les adresses des abris en cas de bombardements.

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L’une des affiches exécutée par René Péron – (c) collection privée – D.R –

Voici les clichés que Jean Mounier a fait réaliser pour les publier dans la presse.
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– copyright  (c) 2009 SND/M6 –

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Nous vous invitons à vous rendre sur le site hommage à Marcel Carné pour y découvrir en détail la publicité imaginée par Jean Mounier autour de la sortie des « Visiteurs du Soir ». Voici le lien direct.

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Le 13 octobre 1943 sort l’un des grands succès du cinéma français entre 1939 et 1945 : l’Eternel Retour de Jean Delannoy produit par André Paulvé pour la Discina.

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Retrouvez la suite de la biographie de Jean Mounier au chapitre suivant :

Les années quarante (1946-1952) consacrée à la suite de la carrière de Jean Mounier pour la compagnie Discina dirigé par André Paulvé (La Belle et la bête, La Chartreuse de Parme, etc…).


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Les années quarante (1946-1952)

A force de vivre au milieu du travail des étonnantes usines de féerie du cinématographe, j’ai constaté que le film était le seul véhicule possible pour réussir l’équilibre entre le réel et l’irréel, pour hausser une histoire moderne jusqu’à la légende.

Jean Cocteau (lettre inédite à Jean Mounier)

La façade du Madeleine décoré pour la sortie de La Belle et la Bête
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La Belle et la Bête  (1946)

Jean Cocteau signa là son film le plus populaire. C’est avec Pasolini, le poète qui s’est le plus intéressé au cinéma.
A cette époque, il écrit à Jean Mounier :
« Le metteur en scène est-il le véritable auteur d’un film ? Oui, sans conteste, c’est pourquoi, j’ai voulu redevenir metteur en scène, ce qui ne m’était pas arrivé depuis seize ans, où, dans « Les sang d’un poète », il me fallait inventer une technique. Je ne savais rien du cinématographe. Depuis, j’ai appris le métier grâce à l’Eternel Retour et j’en reviens à cette belle phrase de Picasso : « Le métier, c’est ce qui ne s’apprend pas »
(…..) Pour prendre corps à corps ce rêve de tourner « La Belle et la Bête », il me fallait une équipe qui ne formerait qu’un avec moi. Je l’ai, je lui témoigne ma gratitude »

« A force de vivre au milieu du travail des étonnantes usines de féerie du cinématographe, j’ai constaté que le film était le seul véhicule possible pour réussir l’équilibre entre le rêve et l’irréel, pour hausser une histoire moderne jusqu’à la légende. C’est grâce à la confiance d’André Paulvé, grâce à l’amitié de Jean Delannoy que j’ai pu essayer de résoudre le problème (allusion à l’Eternel Retour.ndr). En effet, dans un film, le texte est peu de chose. Il importe de le rendre invisible. La primauté de l’œil sur l’oreille oblige le poète à raconter en silence, à enchaîner les images, à prévoir leur moindre recul et leur moindre relief. »

lettre inédite de Jean Cocteau à Jean Mounier – (c) collection privée – D.R –

Cocteau s’occupait de tout et il surveilla attentivement le lancement de « La Belle et la Bête » comme en font foi les nombreux petits mots qu’il envoyait à Jean Mounier, mots de critiques, de conseils, de félicitations.
Parfois, les critiques sont féroces : « C’est démodé, dans le style 1942, Je veux Gustave Doré, Vermeer, tout ce qu’on veut sauf le Moyen Age… » Cocteau rejette l’influence des Visiteurs du Soir sur son film.
A la fin, il ne cache pas sa satisfaction :
« Mon cher Mounier, Cette fois-ci, la chose est comprise et prend le recul d’un conte. Avant, c’était sans mystère aucun, malgré le talent du dessinateur…Vous pensez bien que je ne mets pas Gustave Doré très haut comme dessinateur mais il a compris le style du conte. Votre J.C. »

lettre inédite de Jean Cocteau à Jean Mounier – (c) collection privée – D.R –

Cocteau va écrire le journal du tournage de la Belle et la Bête (Ed. J.B. Janin – 1946 ) . Page 99, il cite Jean Mounier :

« Jeudi matin,- 8 heures-
Hier, au bistrot d’Epinay, Paulvé déjeunait avec des personnalités importantes de son Conseil d’administration et du journalisme. Mounier me dit : « On compte sur votre film pour relever le cinéma français » Je lui réponds : Il est drôle qu’on m’attaque partout en France et qu’en même temps, on compte sur moi pour sauver le prestige de ce pays qui m’engueule. Je ferais de mon mieux pour que ce film me plaise et plaise à ceux que j’aime, je ne vous promets rien de plus. »

En Juillet 1946, Discina, dans la cour intérieure de son immeuble, organise un Buffet froid où se pressent vedettes et journalistes. Les murs gris et fatigués des immeubles sont tapissés des affiches du film, des photos des acteurs, des dessins qui servirent aux façades. La magie s’est invitée dans ce vieil immeuble du 128 de la rue de la Boétie, qui était encore deux ans auparavant sous la botte Allemande. On fête la renaissance  du Cinéma Français.

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Michel Simon, Simone Renant et Jean Cocteau – (c) collection privée – D.R –

Jean Cocteau et Josette Day lors du Gala organisé pour la première du film.
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Les façades des cinémas qui projetaient la Belle et la Bête furent somptueuses et inondaient les trottoirs de Paris et des grandes villes de province, de leur forêt magique, de leurs personnages mystérieux.

Trois peintres de talent avaient été réunis : Jacquelin, Jean Denis Maclès et René Péron.

Deux ébauches inédites de René Péron pour la Belle et la Bête
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C’était toujours la même équipe qui entourait Jean Cocteau dont Georges Auric pour la musique…

Dessin inédit de Georges Auric par Jean Cocteau – (c) collection privée – D.R –

…et Christian Bérard pour les costumes.

Aquarelle inédite de Christian Bérard – (c) collection privée – D.R –

Bérard venait souvent sur le plateau et esquissait des aquarelles où il ébauchait des costumes, lorsqu’il n’était pas satisfait, il les jetait. Jean Mounier en ramassa quelques unes et demanda à l’artiste de les signer, ce que celui-ci fit bien volontiers. Elles sont aujourd’hui dans la famille Mounier.

Dessin de Jacquelin – (c) collection privée – D.R –

Le scénario illustré de la Belle et la Bête est resté dans les Annales du cinéma, mis en page et dessiné par Jacquelin, c’est un livret unique par son élégance, son raffinement et son pouvoir d’évocation.

la belle, la bête à genoux – (c) collection privée – D.R –

Ruy Blas de Pierre Billon (1948)

Le scénario, l’adaptation et les dialogues sont de Jean Cocteau, avec Jean Marais et Danièle Darrieux

Les illustrations de ce dossier promotionnel sont de Jacquelin
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Un moment à part : le lancement de la Chartreuse de Parme (1948)

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Le pays est en ruines, le Cinéma, les Arts et les Spectacles vont s’efforcer d’arracher les Français à leurs souvenirs, de leur donner du bonheur, de l’espoir, de l’évasion.

La Chartreuse de Parme ! Le chef d’œuvre de Stendhal, l’icône de la littérature française au cinéma ! On cria au sacrilège. Le metteur en scène, Christian-Jaque se lança dans une fresque servie par de grands acteurs : Gérard Philippe, Maria Casarès, Renée Faure. Le roman aux multiples rebondissements est élagué, on ne garde que l’intrigue amoureuse entre Fabrice, sa tante, (Maria Casares) et la jeune Clélia, la fille du gouverneur de la prison.

Photo prise devant le 128 rue de la Boétie à Paris, siège de la Discina
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Jean Mounier voulut associer la bienfaisance à la première du film. Il décida de porter secours aux sinistrés de Lorient, un port français martyr.

La tragédie de Lorient (1948)

Elle est expliquée au public sur des prospectus précis et vigoureux. Le débarquement est encore tout proche, les souvenirs sont présents dans toutes les mémoires mais Lorient a une place à part.
En 1944, toute la Bretagne fête sa libération, sauf Lorient qui ne sera libéré que le 8 Mai 1945.

Dessin de René Péron (non signé) – (c) collection privée – D.R –

En effet, en 1940, 40 000 soldats, marins, ouvriers allemands y ont créé une base sous-marine. De septembre 1940 à Janvier 1943, 372 bombardements ravagent la ville cherchant à anéantir la base sous-marine allemande. Celle-ci résiste. Alors, Lorient doit disparaître, un déluge de 60 000 bombes incendiaires sont déversés sur le port et les installations allemandes. Les Lorientais sont entassés dans des caves, des granges, des étables.

Des « Resto du cœur » avant la lettre, le monde du spectacle n’est pas resté insensible.

(c) collection privée – D.R –

Depuis la fin de la guerre, 10 000 enfants, dont nombreux sont orphelins, mutilés, vivent dans des conditions lamentables… « Pensez aux petits Lorientais » clament les affichettes  diffusées par Jean Mounier.

Le 19 Mai 1948, c’est la grande soirée de Gala, au Théâtre des Champs Elysées pour la Première de « La Chartreuse de Parme », sous le patronage du président de la République, Vincent Auriol . Toutes les vedettes viennent, les bras chargés de dons et de colis de vêtements, ils les remettent sous le feu des photographes à des Bretons et Bretonnes en costume régional, perchés sur des camions qui partent ensuite directement pour Lorient. Les femmes, très élégantes, portent des robes superbes, la vie a repris ses droits, les paillettes aussi…

Christian-Jaque, le metteur en scène, en compagnie de sa femme
Renée Faure offre ses cadeaux. (c) collection privée – D.R –

Mais la recette du diner de gala (prix du souper :1000 francs) est reversée  intégralement aux Lorientais  et financent des centaines de repas distribués aux enfants.

Renée St-Cyr et Marcelle Derrien. (c) collection privée – D.R –

On demandait aux invités et aux professionnels du spectacle de prendre un « filleul » parmi les orphelins et de lui envoyer régulièrement des colis, par exemple, les vêtements de leurs enfants devenus trop petits.

Jean Mounier avec acharnement a continué de relancer tous ses amis. Trente cinq ans après, Maurice Bessy ( la mémoire du cinéma français, aujourd’hui décédé) se souvenait :
–  Jean nous harcelait, il  voulait que nous ayons tous notre filleul.

– (c) collection privée – D.R –

Orphée (1950)

Le mythe d’Orphée transposé aux années cinquante.

Fasciné par les mythes, Cocteau les a souvent adaptés à l’époque moderne , une façon de fouiller la société et les inconscients. Orphée est, lui aussi, un film culte.

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Jean Marais est au summum de sa beauté. Maria Casarès magistrale et menaçante et Marie Déa cherche à faire oublier le personnage des Visiteurs du Soir.

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La première eut lieu au Colisée que la Société Gaumont venait de restaurer. Le tout Paris s’y pressait sous l’œil impassible de la garde Nationale, des mannequins suprêmement élégants éclairaient le hall d’entrée de leurs somptueuses robes du soir. Sur le trottoir des Champs Elysées, les badauds se pressaient.
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Sur la chaussée, une Citroen noire stationnait et rappelait celle du film qui transporte Maria Casarès, personnifiant la mort . La guerre est oubliée, Paris a repris vie.

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Un scénario illustré, d’une élégance rare et mis en page par René Péron, est remis aux invités.

En 1960, Jean M. Mounier qui travaille pour la maison de distribution CINEDIS, de nouveau s’occupe du lancement du dernier film de Cocteau : LE TESTAMENT D’ ORPHEE.

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« Un film qui n’avait ni queue ni tête mais une âme » comme l’avait écrit le poète.

Casque d’Or (1951)

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Ce film est tiré d’un fait divers du début du XX° siècle, qui se déroula dans le milieu des Apaches. Il est inspiré par la vie d’Aurélie Elie, surnommée Casque d’Or. Simone Signoret, merveilleusement filmée par Becker y est d’une beauté inégalée. Cela restera un de ses plus beaux rôles. La reconstitution historique y est d’une très grande précision.

En particulier, la scène de la fin montrant l’exécution du personnage masculin interprété par Serge Reggiani est la reproduction exacte de la véritable exécution, sur une place, avec la guillotine, le public etc….

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Le cinéaste Jacques Becker avait eu en mains des photos de l’époque et avait repris scrupuleusement chaque détail.

La coupure de journal qui inspira Jacques Becker – (c) collection privée – D.R –

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1952 : Discina ferme ses portes

C’est la fin d’une décennie prodigieuse.

Jean- Jacques Paulvé, le fils d’André, raconte ses souvenirs dans un livre qu’il prépare et que l’on attend avec impatience.

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La mode des grandes premières et des immenses façades théâtrales décorant l’entrée des cinémas dura de nombreuses années, les Champs Elysées avaient alors un panache disparu de nos jours.

L’image, l’évasion, à cette époque passaient par le grand écran dont on commençait déjà à dire qu’il était en crise.

Retrouvez la suite de la biographie de Jean Mounier au chapitre suivant :

Les années cinquante consacrée à la carrière de Jean Mounier chez Cocinor avec la création du slogan B.B. (pour Et Dieu Créa la Femme)…


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Les années cinquante

1951  – Les retrouvailles avec Marcel Carné : Juliette ou la Clé des songes

C’est avec joie que Jean Mounier retrouve Marcel Carné pour son film Juliette ou la clé des Songes, produit par Sacha Gordine qui vient d’achever la Marie du Port de Carné.
Séduit, il retrouve  la magie des Visiteurs du Soir, le film lui plait et, plein d’espoir, il est très heureux de l’accompagner au Festival de Cannes.

Mais les années ont passé, les goûts ont changé, le film est accueilli par un silence glacé. C’est un échec qui attristera profondément et Carné, et Jean Mounier.


L’affiche du film et la peinture originale de Jean Denis Malcles
– (c) collection privée – D.R –

Jean Mounier va continuer son travail de directeur de publicité et d’innombrables films seront lancés par lui.

En particulier, pour la maison Cocinor. En 1956, il va de nouveau s’occuper de Carné et de son premier film en couleurs : Le pays d’où je viens, film musical avec Gilbert Bécaud et Françoise Arnoul pour lequel il organisa une grande première dans la plus pure tradition  des années Discina, tenue de soirée, VIP et garde Nationale. Le film fut un échec.


1955 – La première des Chiffonniers d’Emmaüs.

Le 23 Février 1955, Cocinor sort un film sur un prêtre  que l’on appelle « l’abbé Pierre ». Cet abbé de 42 ans  avait lancé, le 1° Février 1954, sur Radio Luxembourg, un appel qui eut un immense retentissement :

Mes amis, au secours,
Une femme vient de mourir, gelée sur le trottoir du boulevard  Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel on l’avait expulsée…
Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France,des pancartes s’accrochent dans la nuit sous une lumière, où on lit ces simples mots :
Toi qui souffres, qui que tu sois,, entre, dors, mange, reprends espoir, ici, on t’aime.

Dès Septembre 1954, un film, tiré d’un livre de Boris Simon publié la même année aux Editions du Seuil est tourné en deux mois, produit  par la Société Cocinor : Les Chiffonniers d’Emmaüs.
Mis en scène par Robert Darène, il rassemble Pierre Mondy, Pierre Trabaud, Jacques Fabbri, Gaby Morlaix, Madeleine Robinson, Dany Carel,Paul Guers, Zappy Max. Les dialogues sont de René Barjavel et la musique de Kosma. L’abbé Pierre est incarné par André Reybaz. Mais le vrai abbé apparaît sur l’écran dès les premières images et prend la parole : Tout ce que vous allez voir, c’est la vérité, si nous avons changé quelques détails, c’est pour ne pas violer les secrets de la misère.

Le graphisme de cette invitation est de Monique Simonet – (c) collection privée – D.R –

Jean Mounier est à son affaire, il va de nouveau organiser une grande première pour la sortie du film à but caritatif.

Le mardi 22 Février au théâtre des Champs Elysées, présentation de gala du film organisée au bénéfice des cités d’urgence de l’abbé Pierre. La tenue de soirée est de rigueur mais, à l’entrée du théâtre, attendent des camions vides. Aux invités incombe le devoir de les remplir. Les véhicules doivent repartir chargé de dons pour Emmaüs… Les dons en espèces, les chèques, les offres de chambres de bonnes et de locaux inhabités seront accueillis avec reconnaissance. Eddie Constantine, en début de spectacle , chante gracieusement.

Au dos de cette invitation, on retrouve Jean Marais – (c) collection privée – D.R –

Ni mélodrame, ni leçon de morale, chaque épisode du film s’inspire de faits vécus…

Le ton est donné. La critique fut condescendante mais le public, ému n’oublia pas.


Et Dieu créa la femme (1956)

En 1956, Jean Mounier prépare le lancement d’un film d’un réalisateur débutant et de sa femme, Roger Vadim et Brigitte Bardot : Et Dieu créa la femme.

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Ses dossiers de travail montrent que ce fut lui qui proposa à la production d’utiliser les initiales pour parler de Bardot plutôt que son nom en entier.

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Il propose son idée en ces termes :

« Etant donné le sujet et le caractère du film, la  publicité préventive sera particulièrement axée  sur Brigitte Bardot. Pour attirer l’attention et la curiosité des lecteurs, au lieu d’écrire Brigitte Bardot, on l’annoncera par les initiales de son nom : B.B. Dans de nombreux articles de presse, on l’a déjà appelé familièrement B.B., donc un certain public est déjà averti. Euphoniquement, B.B. correspond à bébé, ce qui est amusant et correspond à son type de femme. Cela permet en outre de dessiner en très gros caractères les lettres qui se verront davantage sur les pavés. Ce sera la première fois que, pour un lancement de film, on mentionnera le nom d’une artiste par ses simples initiales. »

L’idée a été acceptée par la production et le terme fit le tour du monde.

Voici le dossier de travail de Jean Mounier et les propositions qu’il a faites…

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Le document original est déposé à la Cinémathèque Française.

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« Dieu créa la femme mais le Diable inventa B.B.»

Un slogan qu’il fallait trouver et qui annonçait  une époque.

Retrouvez la suite de la biographie de Jean Mounier au chapitre suivant :

Les années soixante consacrée à la fin de carrière de Jean Mounier de retour chez la M.G.M avec la sortie notamment de 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.


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Les années soixante

La fin de carrière :
Retour à la Metro Goldwyn Mayer

A la fin de sa carrière, Jean Mounier fit un heureux retour à la Métro Goldwyn Mayer.

Photographie de Michel Thibaud lors de la convention MGM à La Baule en 1967
(Jean Mounier est au fond à gauche).
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C’est ainsi qu’il put s’occuper du Bal des Vampires de Roman Polanski en 1967.

Ce fut l’une des dernières soirées qu’il organisa aux Champs-Elysées au Marignan, avec mannequins déguisées en Vampirettes et VIP.

Recto du carton d’invitation pour la première de 2001, l’Odyssée de l’espace
de Stanley Kubrick

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En 1968, un autre grand moment du cinéma américain, la sortie de 2001, l’Odyssée de l’espace. Une grande première eut lieu le 26 Septembre à l’Empire Cinérama, avenue de Wagram.

Certains se souviennent des cartons d’invitation spectaculaires en trois dimensions reproduits ci-contre.

Ce film de Science fiction de Stanley Kubrick, novateur, insolite, dérangeant est proche d’un conte philosophique parfois un peu trop hermétique. Il marqua le cinéma et a indiscutablement influencé tous les films sur l’espace qui ont suivi.

Verso du carton d’invitation pour la première de 2001, l’Odyssée de l’espace
de Stanley Kubrick

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Encore une fois, Jean Mounier avait le plaisir de travailler pour des films d’avant-garde et originaux.

Il prit enfin sa retraite, ce qui sûrement, lui coûta.

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Grand Hotel (dépliant publicitaire)

Stars de cinéma, stars de la pub

Jean Mounier fut un des premiers, si ce n’est le premier à utiliser le star système pour vanter des produits commerciaux et des marques célèbres, cette technique qu’il innove en 1930 avec les stars de la MGM, règne aujourd’hui sur la planète avec les vedettes et les top models qui personnalisent les  marques de luxe, les parfums,les produits de beauté, les grands couturiers etc…
Rien n’est nouveau sous le ciel, quand une recette est bonne elle est exploitée pendant des années sous tous ses aspects.
En 1930, Jean Mounier le faisait déjà….

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Jean Mounier avait conçu ce dépliant publicitaire pour la sortie du film de Edmund Goulding, Grand Hotel.

En effet, ce fameux film, avec Greta Garbo et Joan Crawford, était sorti en exclusivité au Madeleine à Paris le 15 juillet 1932. Aussi avait-il décidé d’en profiter pour y associer la célèbre marque de téléphone Picart Lebas.

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Si l’Empereur savait ça (dépliant publicitaire)

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Jean Mounier s’est occupé de la publicité du film de Jacques Feyder « Si l’empereur savait ça ! ».

Sorti en exclusivité au Madeleine le 31 Octobre 1930 à Paris, le film avait été produit par la M.G.M à Hollywood. On y retrouvait en tête d’affiche la femme de Feyder, Françoise Rosay et André Luguet.

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article paru dans le numéro de Noël 1930 de la revue La Critique Cinématographique
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La presse professionnelle de l’époque rend hommage à ces idées novatrices .

Jean Mounier avait déjà utilisé le même procédé pour le film précédent de Jacques Feyder « Le Spectre vert » sorti en France quelques mois auparavant le 09 mai 1930.

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Ben-Hur (le programme)

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Voici le très rare programme souvenir distribué à l’occasion de l’anniversaire de la première année d’exclusivité au cinéma Madeleine de Ben-Hur réalisé par Fred Niblo avec Ramon Novarro.

Le film avait commencé sa carrière au Madeleine le 26 avril 1927.

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Le Gaumont Palace, cinéma-cathédrale de 5000 places – appartenait aussi à la MGM.

En 1927, on y projetait Napoléon d’Abel Gance.

Le Gaumont Palace sera restructuré en 1930  par l’architecte Belloc.


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Arsène Lupin (dépliant publicitaire)

(c) collection privée – D.R –

En 1932 est sorti en France le film de Jack Conway avec les frères John & Lionel Barrymore.

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