Cinéma Jean Mounier

Promenade dans le Cinéma d'hier à travers l'itinéraire d'un pionnier de la communication cinématographique, Jean Marie Mounier

Les années cinquante

1951  – Les retrouvailles avec Marcel Carné : Juliette ou la Clé des songes

C’est avec joie que Jean Mounier retrouve Marcel Carné pour son film Juliette ou la clé des Songes, produit par Sacha Gordine qui vient d’achever la Marie du Port de Carné.
Séduit, il retrouve  la magie des Visiteurs du Soir, le film lui plait et, plein d’espoir, il est très heureux de l’accompagner au Festival de Cannes.

Mais les années ont passé, les goûts ont changé, le film est accueilli par un silence glacé. C’est un échec qui attristera profondément et Carné, et Jean Mounier.


L’affiche du film et la peinture originale de Jean Denis Malcles
– (c) collection privée – D.R –

Jean Mounier va continuer son travail de directeur de publicité et d’innombrables films seront lancés par lui.

En particulier, pour la maison Cocinor. En 1956, il va de nouveau s’occuper de Carné et de son premier film en couleurs : Le pays d’où je viens, film musical avec Gilbert Bécaud et Françoise Arnoul pour lequel il organisa une grande première dans la plus pure tradition  des années Discina, tenue de soirée, VIP et garde Nationale. Le film fut un échec.


1955 – La première des Chiffonniers d’Emmaüs.

Le 23 Février 1955, Cocinor sort un film sur un prêtre  que l’on appelle « l’abbé Pierre ». Cet abbé de 42 ans  avait lancé, le 1° Février 1954, sur Radio Luxembourg, un appel qui eut un immense retentissement :

Mes amis, au secours,
Une femme vient de mourir, gelée sur le trottoir du boulevard  Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel on l’avait expulsée…
Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France,des pancartes s’accrochent dans la nuit sous une lumière, où on lit ces simples mots :
Toi qui souffres, qui que tu sois,, entre, dors, mange, reprends espoir, ici, on t’aime.

Dès Septembre 1954, un film, tiré d’un livre de Boris Simon publié la même année aux Editions du Seuil est tourné en deux mois, produit  par la Société Cocinor : Les Chiffonniers d’Emmaüs.
Mis en scène par Robert Darène, il rassemble Pierre Mondy, Pierre Trabaud, Jacques Fabbri, Gaby Morlaix, Madeleine Robinson, Dany Carel,Paul Guers, Zappy Max. Les dialogues sont de René Barjavel et la musique de Kosma. L’abbé Pierre est incarné par André Reybaz. Mais le vrai abbé apparaît sur l’écran dès les premières images et prend la parole : Tout ce que vous allez voir, c’est la vérité, si nous avons changé quelques détails, c’est pour ne pas violer les secrets de la misère.

Le graphisme de cette invitation est de Monique Simonet – (c) collection privée – D.R –

Jean Mounier est à son affaire, il va de nouveau organiser une grande première pour la sortie du film à but caritatif.

Le mardi 22 Février au théâtre des Champs Elysées, présentation de gala du film organisée au bénéfice des cités d’urgence de l’abbé Pierre. La tenue de soirée est de rigueur mais, à l’entrée du théâtre, attendent des camions vides. Aux invités incombe le devoir de les remplir. Les véhicules doivent repartir chargé de dons pour Emmaüs… Les dons en espèces, les chèques, les offres de chambres de bonnes et de locaux inhabités seront accueillis avec reconnaissance. Eddie Constantine, en début de spectacle , chante gracieusement.

Au dos de cette invitation, on retrouve Jean Marais – (c) collection privée – D.R –

Ni mélodrame, ni leçon de morale, chaque épisode du film s’inspire de faits vécus…

Le ton est donné. La critique fut condescendante mais le public, ému n’oublia pas.


Et Dieu créa la femme (1956)

En 1956, Jean Mounier prépare le lancement d’un film d’un réalisateur débutant et de sa femme, Roger Vadim et Brigitte Bardot : Et Dieu créa la femme.

(c) collection privée – D.R –

Ses dossiers de travail montrent que ce fut lui qui proposa à la production d’utiliser les initiales pour parler de Bardot plutôt que son nom en entier.

(c) collection privée – D.R –

Il propose son idée en ces termes :

« Etant donné le sujet et le caractère du film, la  publicité préventive sera particulièrement axée  sur Brigitte Bardot. Pour attirer l’attention et la curiosité des lecteurs, au lieu d’écrire Brigitte Bardot, on l’annoncera par les initiales de son nom : B.B. Dans de nombreux articles de presse, on l’a déjà appelé familièrement B.B., donc un certain public est déjà averti. Euphoniquement, B.B. correspond à bébé, ce qui est amusant et correspond à son type de femme. Cela permet en outre de dessiner en très gros caractères les lettres qui se verront davantage sur les pavés. Ce sera la première fois que, pour un lancement de film, on mentionnera le nom d’une artiste par ses simples initiales. »

L’idée a été acceptée par la production et le terme fit le tour du monde.

Voici le dossier de travail de Jean Mounier et les propositions qu’il a faites…

(c) collection privée – D.R –

Le document original est déposé à la Cinémathèque Française.

(c) collection privée – D.R –

« Dieu créa la femme mais le Diable inventa B.B.»

Un slogan qu’il fallait trouver et qui annonçait  une époque.

Retrouvez la suite de la biographie de Jean Mounier au chapitre suivant :

Les années soixante consacrée à la fin de carrière de Jean Mounier de retour chez la M.G.M avec la sortie notamment de 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.


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